Les livraisons à Athènes, en Crète et en Thessalie ont commencé ! (photos)

Livraisons et travaux de bricolage à Athènes, poursuite des livraisons en Crète simultanément, transmission d’un chargement pour la Thessalie et bien d’autres choses ces jours-ci…

LES LIVRAISONS À ATHÈNES, EN CRÈTE
ET EN THESSALIE ONT COMMENCÉ !

 

Avec votre soutien et beaucoup d’huile de coude, nous n’avons pas chômé ces jours-ci 🙂 Parmi les premières livraisons effectuées, figure évidemment le squat Notara 26 à Exarcheia. Mais cette fois, nous avons opéré différemment. Pour alléger la tâche de l’assemblée du squat, nous avons longuement préparé la livraison en amont avec elle.

UNE NOUVELLE FAÇON DE LIVRER,
PLUS PRÉCISE ET PLUS EFFICACE

Après avoir été étudié la nouvelle liste complète des résidents (réfugié-es migrant-es précaires), nous avons préparé beaucoup de choses, en deux parties distinctes.

1- Des colis collectifs pour l’ensemble du squat, notamment :
– des légumes secs et des oignons pour les moments de cuisine collective ;
– du café et du chocolat pour les événements ;
– des pastèques achetées directement à des camarades paysans en Crète ;
– du matériel pour les bébés (poussettes, lits…) ;
– des serviettes féminines ;
– des outils et du matériel de bricolage pour les travaux en cours auxquels nous allons participer, comme souvent par le passé ;
– une machine à laver pour renforcer la buanderie et un frigo pour les événements ;
– deux vélos adultes pour aider aux déplacements des précaires dans Athènes ;
– du matériel de peinture et de dessin pour le nouvel atelier artistique en train de se créer dans le squat.

2- Des colis personnels pour les individus ou les familles :
– un litre d’huile d’olive par personne, acheté directement à des camarades paysans en Crète ;
– précisément 4 concombres, 7 tomates, 7 aubergines, 7 oignons et un kilo de carottes par personne (non pas qu’on soit tatillon mais on essaie d’être équitable au Notara 26 comme ailleurs), achetés directement à des camarades paysans en Crète ;
– un colis alimentaire avec une variété d’aliments longue conservation, un peu d’hygiène et des petites confiseries crétoises (barres de sésame) ;
– un colis supplémentaire pour les enfants, avec quelques jouets et vêtements soigneusement triés et adaptés aux âges indiqués sur la liste des résidents ;
– un colis supplémentaire pour les bébés, avec des couches, du petit matériel et du lait infantile quand les bébés ne sont pas allaités.

Nous avons nommé tous ces colis, en indiquant de surcroit les numéros de chambre et d’étage pour éviter les erreurs.

La situation de la plupart des camarades solidaires sur place étant souvent difficile, nous leur avons également préparé un colis.

 

Comme partout ailleurs sur le blog, vous pouvez agrandir les photos en cliquant sur chacune d’elles

La livraison à Exarcheia a visiblement été un moment de fête, particulièrement émouvant : les résidents et les solidaires du Notara 26 ont comparé ça à Noël en raison des colis personnalisés avec des petites attentions. Un peu comme des cadeaux, sauf que ce ne sont pas exactement des cadeaux : il s’agit tout simplement d’entraide, de solidarité sans frontières, quelque chose de logique pour nous, pour lequel il ne nous parait pas nécessaire de dire merci. « Vos sourires nous suffisent ! » Parfois, c’était plus que des sourires, c’était des chansons et des accolades chaleureuses !

La solidarité dans l’autogestion et l’horizontalité parmi celles et ceux qui luttent face au capitalisme mortifère, c’est un principe de base, ça fait partie des formes de résistance indispensables. Plus encore : cela montre la société qu’on désire. Une société basée sur l’entraide. Une société où la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » deviendra enfin une réalité.

 

UNE NOUVELLE CUISINE SOLIDAIRE GRATUITE AU K*VOX

Nous avons également livré la nouvelle cuisine solidaire gratuite lancé par le K*Vox et Rouvikonas, à Exarcheia (logo ci-dessous). Une livraison un peu moins massive (effectuée durant les douze coups de minuit), en utilisant toute la place qui nous restait dans le transport. Mais pour un usage entièrement collectif cette fois, puisqu’il s’agit de nourrir ensemble les précaires, à commencer par ceux qui vivent dans la rue, sans oublier certains camarades qui n’arrivent plus à se nourrir. Les repas gratuits sont désormais servis à l’entrée du squat K*Vox (côté rue Themistocle), deux fois par semaine : le jeudi et le dimanche.

Tout comme le groupe Rouvikonas et sa colonne anarchiste vers le Nord (cf. notre écrit précédent), nous avons également participé à une action autogérée du mouvement social à destination de la Thessalie. À la différence que notre collecte s’est effectuée en Crète cette fois, notamment aux côtés de camarades enseignants, avec l’aide de parents d’élèves. Cette fois, la liste des besoins était très différente : les habitants précaires de Thessalie s’organisent sans l’aide de l’État (cf. nos écrits précédents) et n’ont quasiment plus d’eau potable depuis les inondations brutales et mortelles de ces dernières semaines. Donc ils préfèrent les conserves aux légumes secs, ainsi que d’autres catégories d’aliments préparés et de produits d’hygiène qui figurent sur leur liste. Nous nous sommes ensuite chargés d’amener tout cela (deux fourgons entiers) à l’un de nos collectifs amis qui a ensuite continué la route jusqu’à nos réseaux en Thessalie.

En Crète, nous avons également participé aux mobilisations dans le but de reprendre le grand squat Evangelismo à Héraklion (évacué violemment le 30 septembre, notamment avec la chute de 12 mètres, depuis le toit, d’un jeune camarade frappé et menotté). Nous avons passé du temps avec les principaux membres du squat, afin d’étudier tout ce qui pouvait être fait ensemble. Nous les connaissons bien : le squat Evangelismo a hébergé plusieurs convois ces dernières années, la première fois c’était en 2017. Et nous avons participé aux travaux de rénovation de ce squat à plusieurs reprises, de 2018 à tout récemment.

Comme souvent dans les manifs en Grèce, un chien en est la mascotte 🙂

Banderole de Rouvikonas en soutien au squat Evangelismo

 

En matière de rénovation, nous participons aussi à celle de l’immeuble du Notara 26 en ce moment. Un peu de bricolage à tous les étages du squat et surtout un grand chantier au premier étage, avec de beaux projets ! C’est pourquoi nous avons amené du matériel spécifique et des outils. Ces travaux vont prendre de l’ampleur la semaine prochaine, aux côtés de plusieurs solidaires et résidents du squat, ainsi que des soutiens extérieurs.

Notara 26 vient de fêter ses huit ans : « huit années de lutte et de solidarité », et organise régulièrement des événements politiques et artistiques qui participent à l’animation bouillonnante du quartier. Hier soir, une conférence-débat revenait sur le massacre de migrants par l’État à Pylos, avec des documents et des témoignages. Le tout était précédé, comme souvent, par un moment de cuisine solidaire partagée.

À Athènes, on parle aussi beaucoup de l’arrivée de plusieurs organisations fascistes européennes le premier novembre ( https://lahorde.samizdat.net/le-01-11-le-coeur-de-l-antifascisme-va-battre-a-Athenes ). Beaucoup d’antifascistes s’y préparent. La résistance s’organise. On attend aussi des antifascistes d’autres pays pour riposter et pour veiller sur les squats (que les néonazis ont souvent attaqué ces dernières années, sans être inquiétés par l’État). Dans les rues de la capitale grecque, les affiches contre ce rassemblement abject sont très nombreuses. On voit aussi beaucoup de graffitis qui se moquent de l’échec du neveu de Mitsotakis qui vient de perdre son poste de maire d’Athènes (souvent en détournant ses affiches de campagne). Mais il n’est pas certain que la défaite de la droite à Athènes va changer quelque chose à la vie d’Exarcheia et des autres quartiers d’Athènes. Idem à Thessalonique et Héraklion. Nikos nous le répète souvent : « il y aura des différences, c’est sûr, mais pour l’essentiel, c’est à nous et à nous seuls de faire LA différence. »

À nous de prendre nos affaires en mains, dans la multiplication des initiatives, dans la création et la résistance, dans la coopération et l’autogestion, dans l’entraide locale et la solidarité sans frontières, jusqu’à une autre façon de penser l’éducation, l’enfance, la jeunesse et les autres moments clés de la vie. Changer la vie est notre affaire à tou-tes et nous n’avons pas dit notre dernier mot, en Grèce comme ailleurs, dans un monde qui sombre en ruines, dans le cannibalisme social, la destruction de tout ce qui vit sur Terre et les massacres à grande échelle (une pensée pour les victimes de l’horreur absolue en Israël et en Palestine).

 

Au-delà des mots, notre lutte pour la vie est d’abord une affaire d’actes : des actes concrets qui parlent plus que les mots, des actes pour le bien commun qui suscitent chez d’autres l’envie d’agir, des actes persévérants qui encouragent tout autour de nous à ne pas se résigner. Ne baissons jamais les bras. Ne cédons jamais au désespoir, même dans les heures les plus sombres. Rappelons-nous de ce que nous avons souvent pu vérifier : nous sommes capables d’autre chose ! L’humanité n’est pas condamnée à mourir des fléaux que sont le capitalisme et tous les pouvoirs ! Mais la paix nécessite la liberté véritable, l’égalité réelle et le respect mutuel, pas seulement des proclamations de droits qui n’existent pas dans les faits.

 

UN SOUTIEN MATÉRIEL, MAIS AUSSI FINANCIER
POUR LES LIEUX AUTOGÉRÉS EN LUTTE

Dans les jours à venir, nous allons compléter notre soutien matériel aux lieux évoqués et à d’autres avec un soutien financier. Mais pour l’instant, il ne nous reste pas grand chose. Les sommes risquent d’être très faibles. D’autant que nous avons encore besoin d’acheter à nos camarades paysans en lutte un certain nombre de produits pour d’autres collectifs dans le besoin en Crète et à Athènes.

Bref, un peu d’aide serait la bienvenue si certain-es qui n’ont pas encore participé peuvent et désirent le faire.

Deux possibilités :
– soit faire un don à Anepos (virement ou chèque ou paypal)
– soit acheter directement les denrées à transporter auprès d’un des camarades producteurs de votre choix (liste et RIB de nos camarades oléiculteurs, maraichers, arboriculteurs à votre disposition)

Il s’agit de la dernière action majeure de l’année, vu nos moyens et notre disponibilité sur place. Bref, c’est le moment de participer si vous le voulez et si vous le pouvez, mais surtout sans prendre de risque si votre situation est déjà difficile.

Si vous choisissez de participer en passant par Anepos :

1- Pour effectuer un virement à ANEPOS
IBAN : FR46 2004 1010 1610 8545 7L03 730 BIC : PSSTFRPPTOU
Objet : « Livraisons et soutiens »

2- Pour participer via PAYPAL suivez ce lien :
https://www.paypal.com/donate/?hosted_button_id=LMQPCV4FHXUGY

3- Pour envoyer un chèque à l’ordre de ANEPOS
Adresse postale : ANEPOS – Livraisons et soutiens – 6 allée Hernando – 13500 Martigues

Contact, suggestions, propositions : solidarite@anepos.net
Tél. Grèce (+30) 694 593 90 80 / Tél. France (+33) 624 066 798

Dernière information dans ce domaine : un nouveau convoi solidaire est envisagé pour mars 2024, précédé d’une collecte de matériel qui aurait lieu à partir de début février. Si vous avez envie de participer (être dans la carte des points de collecte en France, Suisse et Belgique, ou même venir avec nous en Grèce avec votre fourgon), contactez-nous : solidarite@anepos.net

Kali dynami* pour la révolution sociale et pour la paix.

Maud, Maria, Kostas, Patrick, Yannis, Fifi, Julien, Anna et Nikos po/ les membres de l’action

 

* « Bonne force » en grec (expression très utilisée dans le mouvement social)