La rafle du Vel d’hiv n’était pas un accident

Le 16 juillet 1942, 7000 policiers et gendarmes français arrêtent 4115 enfants, 5919 femmes et 3118 hommes juifs. Regroupés au Vel d’Hiv, ils sont ensuite déportés à Auschwitz Birkenau. Moins d’une centaine en reviendront. Un accident ? Une faute exceptionnelle ? Vraiment ?

POLICE POLITIQUE EST UN PLÉONASME

Toute personne qui travaille ou collabore au maintien d’un ordre social inégalitaire et liberticide fait de la politique.

Quiconque réprime des pauvres, évacue des squats, expulse des migrants, interpelle des enfants étrangers devant leur école, arrache leur couverture à des gens qui dorment dans la rue, piétine des jardins partagés, détruit des abris, frappe des personnes qui défendent le bien commun fait de la politique.

Quiconque, au nom de la loi d’une « République » dont la devise est prétendument « Liberté, Égalité, Fraternité », entrave et réprime toutes celles et ceux qui osent désirer une liberté authentique, une égalité réelle et une fraternité universelle, fait de la politique.

Quiconque protège les intérêts de ceux qui détiennent le pouvoir, l’argent et les médias, tout en écrivant eux-mêmes les lois qui leur permettent de protéger leurs biens et de conserver leurs avantages, fait de la politique.

Il n’existe pas de police qui ne soit pas politique, qu’elle martyrise les pauvres quotidiennement ou qu’elle déporte des personnes ciblées exceptionnellement.

Demain à l’aube ou un jour suivant, des policiers de Sparte, Corinthe et Kalamata vont fondre sur nous, au centre d’Athènes, défoncer nos squats qui n’ont jamais rien demandé à l’État, envoyer brutalement dans des camps fermés des résidents sans papiers qui vivaient modestement mais libres et égaux, non sans violenter et mettre en garde à vue les solidaires que nous sommes.

En Grèce comme en France, aujourd’hui comme autrefois, la police fait partie de l’immense machine monstrueuse qui permet au pouvoir de nous contrôler, de nous châtier, de nous inquiéter, de nous piétiner, de nous déporter, de nous enfermer et parfois de nous tuer : l’État.

Tant que l’État et sa police existeront, ils serviront les intérêts du pouvoir et essayeront par tous les moyens de nous empêcher d’expérimenter d’autres façons de vivre, dans l’autogestion.

Il est totalement insensé d’espérer détruire le pouvoir sans détruire l’État. Sans quoi, sa police reviendra taper à nos portes pour dicter nos vies ou les anéantir.

Yannis Youlountas