Grèce : une infirmière précaire se tue en tentant d’échapper à un contrôle

Préparez-vous à voir ça également en France, si les hospitaliers ne sont pas plus soutenus dans leur lutte actuelle et si les migrant.es continuent d’être toujours plus maltraité.es.

GRÈCE : UNE INFIRMIÈRE PRÉCAIRE SE TUE EN SE JETANT PAR LA FENÊTRE D’UN HÔPITAL POUR ESSAYER D’ÉCHAPPER À UN CONTRÔLE

« Une femme travaillant illégalement comme « infirmière exclusive » pour une patiente a sauté d’une fenêtre de l’hôpital de Nikaia, au Pirée, pour éviter un contrôle de la sécurité et une éventuelle arrestation. La femme arménienne âgée de 50 ans a eu de nombreuses blessures et est décédée peu après sa chute samedi matin. Elle aurait ouvert la porte du balcon et aurait sauté après avoir appris que des gardes de sécurité de l’hôpital effectuaient des contrôles.

« Elle avait peur et essayait de se cacher mais elle ne savait pas où. Elle a ouvert la porte et a sauté « , ont déclaré des témoins aux médias. Elle travaillait comme « infirmière exclusive » pour une patiente. Apparemment, elle n’avait pas de permis de séjour ni d’autres documents légaux pour justifier son travail à l’hôpital.

Les infirmières exclusives illégales sont souvent embauchées par les patients et leurs proches dans les hôpitaux publics grecs en raison de la pénurie de personnel, mais également en raison des prix nettement plus élevés que l’on doit payer pour des infirmières exclusives agréées de l’hôpital. Une infirmière exclusive illégale est payée 50 euros par quart de 10 heures, de jour comme de nuit. Elle remet 10 euros au bureau qui l’envoie. Un professionnel, infirmier exclusif et membre du syndicat reçoit 57 euros pour un poste de nuit de 6 heures et 87 euros pour un poste identique les samedi et dimanche.

Sous la pression du syndicat professionnel des infirmières, les administrations hospitalières renforcent les contrôles de sécurité pour se débarrasser des infirmières « illégales ». Ces « infirmières illégales » suivent des cours de formation de base qui leur sont proposés par les agences pour lesquelles elles travaillent. Elles sont également supposées être inscrites à la sécurité sociale par l’intermédiaire du bureau pour lequel elles travaillent. Elles sont également censées avoir un permis de résidence.

La question des infirmières « illégales » par rapport aux infirmières professionnelles est chronique dans les hôpitaux publics grecs. Mais elle ne sera pas résolue en terrorisant les « infirmières illégales. »

source :
https://www.keeptalkinggreece.com/2019/06/29/illegal-exclusive-nurse-dies-hospital-greece/