La grosse boulette du MEDEF !

LA GROSSE BOULETTE DU MEDEF !

Info véridique. Jusqu’ici, on se marrait simplement au sujet des artistes médiocres d’extrême-droite qui croyaient nous inquiéter en nous annonçant leur départ en cas de victoire de LFI.

Mais là, attendez ! C’est une autre affaire : sans les grands patrons, comment allons-nous survivre ? Comment allons-nous produire, organiser notre temps, prendre des décisions nous-mêmes et partager les richesses ? Horreur, malheur… comment allons-nous faire sans eux ?

Non, bien sûr, vous l’aurez compris, le patron du MEDEF aurait mieux fait de se taire, car en posant les choses ainsi, il a ouvert une brèche, une perspective, un horizon : abandonner la machine en faisant la gueule, c’est permettre à celles et ceux qui la font fonctionner de la mettre en commun.

Le patron du MEDEF a commis une énorme boulette, une faute historique. Car l’un des enjeux des rapports de classes depuis des siècles, c’est précisément le contrôle des outils de production.

Et surtout, toute l’idéologie dominante est bâtie sur un récit illusoire qui prétend que nous avons absolument besoin des chefs, des patrons, des dirigeants. Un mythe grotesque qui laisse entendre que sans eux, sans leur ego surdimensionné, sans leur appétit vorace, sans leur caractère autoritaire, ce serait le chaos, le désordre et même pire, osons aller jusqu’à prononcer le mot terrible qui fait froid dans le dos : ce serait l’anarchie !

Le principe fondamental du pouvoir, dans l’entreprise comme partout ailleurs dans la société, c’est de ne surtout pas laisser la place, le fauteuil, le trône. Jamais, ô grand jamais ! Sans quoi tout les dominés, tous les exploités se rendraient compte en très peu de temps qu’ils n’ont absolument pas besoin de chefs. S’accrocher fermement à leur piédestal comme des moules à un rocher est donc la base de leur doctrine autoritaire, la pierre angulaire à ne jamais déplacer, le Rubicon à ne jamais franchir.

Le Patron du MEDEF vient d’annoncer qu’il va peut-être franchir le Rubicon, déguerpir, laisser la place. C’est une grosse boulette qui fait fi de l’histoire des rapports de classes et réveille l’envie de virer une bonne fois pour toutes les gens comme lui.

Allons donc ! Les grands patrons nous menacent de partir si LFI gagne dans quelques mois ? Là, reconnaissez que c’est autre chose que des chanteurs en robe de chambre et des acteurs de feuilletons débiles ! Pour sûr, ça donne envie, mais alors vraiment très envie de les voir se barrer !

Y.Y.

PS : tiens, comme on parle du verbe « se barrer », ne serait-ce pas un excellent sujet de chronique pour notre ami Pierre-Emmanuel Barré qui sulfate à tout va depuis des mois dans La Dernière sur Radio Nova ? Je l’imagine déjà avec un sujet pareil, dimanche soir, en guise d’apothéose, après une belle série d’invités et de chroniques sur le mouvement social qui est en train de s’étendre et qui s’interroge sur les perspectives.