Appel à l’humanisme
On doit se taire quand les enfants dorment, mais pas quand ils meurent ! Voilà 25 ans que nous sommes sortis du sanguinaire XXe siècle, mais aucune leçon d’histoire n’a été retenue, malgré les centaines de colloques et les milliers de livres ! Quel est le fond du problème ? Que faire pour changer les choses ?
APPEL À L’HUMANISME
D’un bout à l’autre de notre minuscule planète, au fil des années, nous assistons un peu partout à la montée du fascisme, sous diverses apparences, et à la réhabilitation du nazisme dont les sinistres célébrités redeviennent à la mode. Les guerres de colonisations recommencent avec fracas et l’appétit des chefs d’État devient insatiable pour toutes sortes de territoires riches en matières premières, depuis les déserts brûlants jusqu’à la banquise fondue du Pôle Nord, au point de réveiller les vieux désirs d’annexions. Les régimes autoritaires pullulent à nouveau avec arrogance et fierté, comme au bon vieux temps des dictatures prétendument communistes en Europe de l’Est ou installées par la CIA en Amérique Latine, sans oublier les républiques bananières de la Françafrique. Les nombreux chefs d’États qui possèdent aujourd’hui l’arme atomique recommencent à menacer les autres, comme des petits caïds mal éduqués dans une cour de récré… Sauf qu’aujourd’hui, les enfants sont en réalité les premières victimes de l’horreur tous azimuts, massacrés par milliers, ici et là, dans les carnages terroristes comme dans les bombardements massifs de civils, à Gaza en ce moment même, mais aussi dans d’autres régions du monde dont les médias ne parlent même plus.
En 25 ans, rien n’a changé. Aucun examen critique. Aucune remise en question. Le comportement des États et de leurs dirigeants prouve quotidiennement à quel point nous sommes encore dans la préhistoire politique de l’humanité et nous rappelle l’urgence vitale de changer profondément l’organisation de la société, pour enfin tourner cette page en lettres de sang.
Changer l’organisation de la société
Sans quoi, les images de Gaza, du Soudan, d’Ukraine, du Yemen ou du Congo reviendront sans cesse, d’un bout à l’autre du monde : tant que nous n’en aurons pas fini, une bonne fois pour toutes, avec les tyrans, avec les nationalistes, avec les intégristes religieux, avec tous ces gens qui soufflent sur les braises identitaires et qui divisent pour mieux régner ! Nous n’en finirons pas non plus tant que des industriels et des investisseurs parviendront à faire fortune au rythme des massacres et des bombardements et tant que la Bourse montera en flèche en se frottant les mains devant les dégâts, tout en prévoyant les grands chantiers BTP à venir ! La logique de la croissance du PIB n’est vraiment pas celle du bonheur ni de la sauvegarde de la vie. Rompre avec ce dogme productiviste devient également vital.
Contre toutes les discriminations, contre toutes les guerres
Mais ce n’est pas tout : nous n’en finirons pas, une fois de plus, tant que ceux qui font du lobbying médiatique pour essayer de bâillonner notre légitime protestation ne seront pas démasqués pour ce qu’ils sont : des imposteurs au service d’intérêts contraires à ce qu’ils prétendent. Ces imposteurs se prévalent de la lutte contre les discriminations et les guerres en justifiant de plus mortelles encore. Ces imposteurs procèdent en tentant d’intimider à coup d’accusations insensées toutes celles et ceux qui disent stop et se permettent ainsi d’inverser les rôles : quoi ? Serions-nous devenus tout à coup des millions d’antisémites parce que nous demandons simplement de cesser les bombardements sur Gaza ? Serions-nous également devenus christianophobes ou islamophobes quand nous demandons pareillement à la Russie ou à l’Arabie Saoudite de cessez le feu ? Qui peut croire à des fables pareilles ? Surtout quand nous avons lutté pendant des dizaines d’années, de toutes nos forces, contre toutes ces discriminations.
Reprendre le projet d’émancipation sociale, en allant jusqu’au bout
Nous n’avons qu’un seul camp, c’est celui de l’humanité. Et pour que l’humanité ne souffre plus de ces fléaux que sont la misère et la guerre, il n’y a qu’une seule voie possible : celle de l’émancipation sociale. Ce n’est qu’en reprenant cette vieille marche en avant que nous parviendrons enfin à nous libérer de ceux qui font notre malheur et à construire une société humaniste fondée sur le génie de l’intelligence collective, dans laquelle les mots liberté, égalité et fraternité ne seront plus de vaines promesses, mais une réalité concrète.
Pour en finir avec la misère et la guerre, nous devons reprendre le flambeau de la lutte contre l’obscurantisme, tant politique que religieux, mais cette fois pour aller vraiment jusqu’au bout du projet : prendre nous-mêmes, ensemble, notre destin en mains. Nous gouverner nous-mêmes, réellement. Apprendre à sortir du piège identitaire qui nous a tant divisés et abrutis. Sortir enfin de la préhistoire politique de l’humanité.
C’est maintenant qu’il faut choisir
Rêve utopique me direz-vous ? Détrompez-vous. C’est actuellement que tout se joue. Regardez bien le monde, les États belliqueux, les dirigeants irresponsables, la planète exsangue, les riches toujours plus riches, les pouvoirs toujours plus autoritaires, les peuples manipulés et meurtris. C’est maintenant qu’il faut choisir : utopie ou dystopie.
Yannis Youlountas








