Nous venons d’apprendre la disparition d’une amie et militante infatigable du côté d’Argelès-Gazost. L’une de ces nombreuses personnes qui nous accueillent fidèlement durant nos tours de France.
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RÉGINE FLAMENT : « VIVRE DEBOUT JUSQU’AU BOUT »
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Pour Régine, la lutte était une « façon de vivre », au cœur de son existence. Lutter par dignité, pour donner du sens à la vie, mais aussi pour « supporter une société insupportable ». Régine était de toutes les luttes : environnementales, sociales, politiques, humanistes…
Comme tant d’autres, elle était partagée entre plusieurs façons d’agir. Elle nous avait parlé de sa sensibilité révolutionnaire et libertaire, tout en étant militante d’ATTAC et du Front de Gauche puis de La France Insoumise. Régine considérait qu’il n’y a pas de contradiction entre « lutter pas-à-pas » d’un côté et « regarder loin dans les étoiles » de l’autre, dans un esprit de convergence des luttes. Et surtout, elle voulait utiliser « tous les outils possibles » pour essayer de peser sur le cours des choses et avancer vers l’utopie.
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À ses yeux, les projections-débats figuraient parmi ces outils pour essayer de « propager des idées, des expériences, des émotions ». Elle faisait partie des amis fidèles que nous sommes impatients de retrouver à chaque nouveau film, au fil de nos voyages. Car nos sorties de films sont aussi, à chaque fois, la « tournée des amis » dans des dizaines de villes en France et ailleurs. Et Régine étaient une de ces retrouvailles incontournables.
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En novembre, lors de notre retour dans les Hautes-Pyrénées, elle nous avait parlé de son cancer du pancréas et elle nous avait impressionnés dans sa volonté de ne pas baisser les bras. Elle marchait tous les jours, longuement, avalant les kilomètres, pour affronter la maladie. « Vivre et lutter debout, jusqu’au bout, quoiqu’il arrive ! »
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Nous avions également retrouvé sa fille Caroline lors d’une projection à Melle dans les Deux-Sèvres, et les nouvelles étaient étonnantes : Régine tenait bon, malgré la gravité de sa maladie, et continuait à marcher, à lutter, à sourire à la vie, malgré son épée de Damoclès.
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Déjà, en 2011, Régine avait failli mourir dans un terrible accident de voiture. Son conjoint Patrick était décédé au volant. Elle avait survécu à ses blessures.
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Les mois ont passé. Alors que nous sommes maintenant à l’autre bout de l’Europe, sur les hauteurs de la Crète, nous venons d’apprendre la disparition de Régine, à l’âge de 75 ans.
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L’incinération aura lieu demain.
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« Un recueillement aura lieu ce mardi 6 mai, à dix heures, au crématorium d’Azereix. Un dernier hommage peut lui être rendu à la chambre funéraire des Vallées, à Pierrefitte-Nestalas. Ni fleurs, ni plaques, ni couronnes. »
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Régine nous quitte au temps des cerises. En pensant à elle, nous avons en tête cette chanson qu’elle aimait tant…
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Nos condoléances à toute sa famille et notamment à Caroline.
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La lutte continue, avec une pensée pour Régine et pour toutes celles et ceux qui nous ont précédés, par-delà « nos belles différences ».
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Maud et Yannis Youlountas











