Au-delà des frontières

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’être invité par les bibliothécaires de France à leur congrès. C’est aussi grâce à cet événement que je profite de l’aller-retour pour faire d’autres choses à Paris et à Amiens, hier et demain, avant de retourner à Athènes lundi.

AU-DELÀ DES FRONTIÈRES

Dans l’après-midi, j’interviendrai en dernier, avant la clôture du congrès, sur la solidarité avec les migrants, notamment au moyen du livre, des arts et des ateliers philo, en m’appuyant sur quelques exemples dans nos lieux autogérés en Grèce*.

Et puis, je viens de retrouver Agnès de France, militante infatigable de SOS Méditerranée, qui a participé à la création d’une bibliothèque originale et accueillante dans l’Hérault, entre ses luttes maritimes pour le sauvetage des exilé.es.

Tous les deux, nous pensons pareillement qu’avoir à la fois un pied dans les luttes et un pied dans l’éducation (coopérative), est essentiel. On ne changera pas le monde qu’avec des rapports de force, même s’ils sont indispensables et même cruciaux. Il est également indispensable de propager un autre regard sur le monde, de dissiper les peurs, d’inviter à découvrir ce qui nous semble étranger et à s’ouvrir à l’autre. Certains livres sont des fenêtres, des ponts, des navires de sauvetage, par-delà les murs, les eaux, les frontières.

On s’échange les dernières nouvelles autour d’un café :
– Alors, et maintenant, après l’Aquarius ?
– On y pense, ça avance, mais il faut faire vite, car en ce moment, il n’y a plus aucun navire de sauvetage sur place ! Et toi avec Defend Mediterranea, la suite du procès intenté par Defend Europe ?
– On va bientôt savoir s’il y aura cassation ou pas…

Agnès a, comme beaucoup de celles et ceux qui luttent, ce mélange de sourire et de tristesse qui éclaire son visage, comme une conscience omniprésente de ce qui se passe de pire, mais aussi de la possibilité du meilleur.

Avec Agnès, on ne lutte pas exactement de la même façon, mais ce sont des actions complémentaires et l’idée fondamentale reste la même. Une idée que résume parfaitement Nikos Kazantzakis :
« La seule façon de te sauver toi-même, c’est de lutter pour sauver tous les autres. »

On pourrait ajouter concernant les exilé.es, n’en déplaise aux identitaires de tous poils, une évidence que montre parfaitement l’image de la planète vue du ciel : il n’y a pas d’étranger sur Terre.

Yannis Youlountas

– – –

* J’interviens également dans ce domaine dans l’hexagone, le plus souvent dans des médiathèques (d’où le fait que je connaisse beaucoup de bibliothécaires en France) ainsi que dans des écoles, principalement dans le Sud-Ouest (en activité pro). Mais j’interviens aussi dans des lieux autogérés, notamment durant les tournées (dans ce cas gratuitement ou, parfois, à prix libre).

Un site, pas très à jour, mais qui montre un peu ce que je fais : http://irapep.net/ Mon mail pro : yy@irapep.net (que pour le travail, merci)