Les manifestantes pour le droit à l’IVG bloquées, gazées et frappées !

L’État français qui ferme les yeux sur les nazis à Strasbourg(1), réprime simultanément les femmes qui luttent pour leurs droits à Toulouse.

LES MANIFESTANTES POUR LE DROIT À L’IVG BLOQUÉES, GAZÉES ET FRAPPÉES !

Ça s’est passé vendredi à Toulouse, durant la journée internationale du droit à l’avortement ! La manifestation était partie du métro St-Cyprien et devait tranquillement arriver place du Capitole, comme d’habitude ! Mais, au niveau du Pont neuf, quelques centaines de mètres seulement après le départ, le cortège n’a pas pu continuer son parcours : la police a complètement empêché l’accès au pont. Suite à quoi, les manifestantes qui ont essayé de passer se sont fait gazer et frapper(2).

Alors qu’il est de plus en plus difficile d’avorter dans l’hexagone, au prétexte du droit des gynécologues de refuser de procéder à cet acte médical, les mobilisations féministes sont de plus en plus souvent réprimées !

Le président du Syndicat National des Gynécologues et des Obstétriciens de France a lui-même reconnu récemment son opinion réactionnaire au sujet de l’Interruption Volontaire de Grossesse : il refuse totalement d’en pratiquer au nom de « la clause de conscience » et l’assimile à « un homicide » !!! Cette prise de position autoritaire n’est que le reflet des nombreuses entraves qui sont faites aux femmes qui souhaitent avorter, bien qu’en France l’IVG soit légalisée depuis 1975 !

Cette « clause de conscience », qui permet à tout professionnel de la santé de refuser de pratiquer un avortement, crée des situations où les femmes ne trouvent aucun professionnel disponible à proximité de chez elles. Et surtout, les politiques menées par les gouvernements successifs dans le domaine de la santé (baisse des budgets, fermeture de lits, réduction du personnel) compromettent sérieusement l’accès à l’avortement(3).

À cela s’ajoutent d’autres difficultés, notamment le coût d’un avortement : 300 euros pour une IVG médicamenteuse et 500 euros pour une IVG chirurgicale. Si elles sont intégralement remboursées par l’Assurance maladie, toutes les femmes n’y ont pas accès (à commencer par les exilées) et doivent parfois payer de leur poche ! Enfin, le délai est très court : 12 semaines en France contre 24 semaines en Angleterre ou aux Pays-Bas ! Ce qui oblige souvent des femmes à se rendre dans un autre pays pour avorter, si elles en ont les moyens !

Réprimer l’expression de cette souffrance est une honte pour l’État français et son représentant à la préfecture, un homme évidemment : Pascal Mailhos, qui était auparavant le directeur des Renseignements généraux.

Soutien total à nos camarades féministes contre le pouvoir patriarcal.

Yannis Youlountas

 

(1) Hier à Strasbourg : http://blogyy.net/2018/09/29/letat-francais-ferme-les-yeux-sur-les-nazis-et-attaque-leurs-ennemis/

(2) Parmi les preuves du blocage de la manif, peu après son départ, puis des premiers gazages et coups donnés, voici une vidéo de Rapports de force :

 

(3) Lire plus de détails sur le site Révolution permanente :
http://www.revolutionpermanente.fr/Droit-a-l-avortement-pourquoi-manifester-le-28-septembre
et http://www.revolutionpermanente.fr/Toulouse-Des-centaines-de-manifestantes-pour-le-droit-a-l-IVG-reprimees-et-gazees