« Ne prenez pas vos désirs pour des banalités »

Je viens de lire ce qu’écrivent des amis, notamment Alessandro alias Pap40 et l’Église de la Très Sainte Consommation.
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C’est vrai qu’on a fait les 400 coups, toutes ces années, avec une génération qui disparaît, alors même que la société s’enfonce à nouveau dans la pudibonderie, l’ennui et l’autoritarisme.
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Bien sûr, les Siné, Gébé, Ferré, Salengro, Vaneigem, Bouyxou, Godin n’étaient pas parfaits. Comme nous tous, ils avaient des défauts et commettaient parfois des maladresses ou des erreurs, du point de vue des uns ou des autres. Mais ils étaient vivants, bien vivants, résolument vivants. Ils ne vivaient pas comme tous ces zombies qui pullulent, le nez sur le volant et sur les écrans, à courir après le fric et le pouvoir, à vendre mère et Terre, à virguler sur des détails quand c’est toute la société qui est à repenser.
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Avoir bien connu tous ces gens est une de mes plus grandes joies et de mes souvenirs les plus radieux. On ne changera pas la société avec des pompeux cornichons, mais avec des êtres solaires, courageux, insoumis, osant dire franchement les choses et tourner ce vieux monde en dérision.
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Comme le résume parfaitement Brigitte Fontaine : « Ne prenez pas vos désirs pour des banalités. »
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Nous avons besoin de radicalité, d’amour de la vie et de convergence de luttes, aux antipodes des disputes de pinailleurs et des raisonnements petits-bras.
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Il ne s’agit pas seulement de renverser les tyrans, mais de nous tenir debout, bras dessus bras dessous, nombreux et joyeux.
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Il ne s’agit pas seulement d’appeler à arrêter la machine infernale qui nous opprime et nous détruit, mais aussi de proclamer les jours heureux : « que la fête commence ! »
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Y.Y.