Obéir, c’est contribuer au malheur du monde

OBÉIR, C’EST CONTRIBUER AU MALHEUR DU MONDE
Obéir, c’est renoncer à examiner par soi-même les situations, devenir un domino parmi d’autres dans la marche absurde de la société.
Obéir, c’est abandonner sa faculté de choisir, tourner le dos à son humanité, à son intelligence, à sa dignité.
Obéir, c’est se rabaisser à être une chose, un rouage, l’instrument d’autrui.
Obéir, c’est se soumettre à la tyrannie et, ce faisant, la cautionner et la faire prospérer.
Obéir, c’est n’être plus qu’une armure, creuse et sans état d’âme, au service d’un régime qui ne respecte même plus le principe illusoire de la séparation des pouvoirs.
Obéir, c’est mourir sans disparaître, c’est se décomposer sans se désarticuler, c’est se putréfier en renfort d’une société mortifère qui sinon s’effondrerait.
Obéir, c’est contribuer au malheur du monde.
Y.Y.
Illustration : Vanité, Philippe de Champaigne, 1644, musée de Tessé