Une justice à contresens

Hier encore, très fortes mobilisations en Grèce.
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★ UNE JUSTICE À CONTRESENS
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Le mouvement « Nous n’avons plus d’oxygène » ne faiblit pas et la jeunesse est en première ligne, ce vendredi 7 février. La plupart des banderoles dénoncent le pouvoir politique et la Justice de classe à son service. Certaines pancartes menacent explicitement le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis : « La prison t’attend ! » (deuxième photo), mais la réalité est que cette Justice injuste n’est sévère qu’avec les précaires, les migrants et les opposants.
Hier encore, le parlement a été défendu par une forte présence policière et un gradé de la police a osé dire à une membre de notre collectif filmique qui avait un dessin en forme de potence : « faites attention ce que vous écrivez, vous pourriez être poursuivie pour menaces de mort. »
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Simultanément, plusieurs procès frappent actuellement des membres du mouvement social, à commencer par le groupe anarchiste Rouvikonas qui réunit à lui seul 5 procès en trois semaines (dernière photo), pour des actions légitimes contre de profondes injustices :
– action au ministère du travail en solidarité avec des ouvriers en lutte ;
– action dans le bureau d’un médecin qui demandait des dessous de table à ses patients malades du cancer ;
– action au palais du premier ministre contre le terrorisme d’État et la gestion catastrophique de la pandémie ;
– action contre la baisse du salaire minimum ;
– action contre le directeur financier d’une clinique pour des malversations à l’égard des patients.
Rappelons également que le groupe Rouvikonas a fait l’objet d’une grave machination policière qui s’est heureusement effondrée il y a deux ans (expliquée dans la nouvelle version actualisée du film Nous n’avons pas peur des ruines) : des responsables de la police avaient libéré de prison des dealers membres de la mafia en échange de faux témoignages contre deux membres de Rouvikonas accusés à tort du meurtre d’un dealer maghrébin. Le pire, c’est que cette fausse rumeur a également été colportée par des abrutis crédules qui avaient carrément osé accuser le groupe anarchiste de racisme, à contresens des valeurs montrées par Rouvikonas à d’innombrables reprises depuis sa création. Non seulement, ce groupe est en soutien de tous les précaires et de toute la base sociale, quelle que soient l’orientation sexuelle et la couleur de la peau, mais surtout, c’est un groupe riche d’une grande diversité et de nombreuses compétences, composé de nombreux membres de plusieurs origines différentes (et pas seulement grecque) et dont environ un tiers des membres sont des femmes qui s’organisent aussi, simultanément, dans des luttes spécifiques.
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Dans notre société, en France comme en Grèce, les contresens sont nombreux à l’encontre de la grande famille de toutes celles et ceux qui ne baissent pas les bras et gardent une détermination à toute épreuve. C’est même une nécessité vitale pour le pouvoir politique, économique et médiatique que salir fréquemment l’image de celles et ceux qui résistent avec persévérance et qui tentent de mobiliser contre cette société injuste et absurde.
Pendant que nos compagnon-nes de luttes se retrouvent en procès, encore et encore, le pouvoir continue de répondre avec arrogance et brutalité à la colère de la foule, avec l’appui d’une Justice à contresens.
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« Pourtant ça branle dans le manche,
Les mauvais jours finiront,
Et gare à la revanche
Quand tous les pauvres s’y mettront. »
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Yannis Youlountas
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(photos de notre ami Marios Lolos à Athènes, photographe des convois solidaires et de l’affiche de L’Amour et la Révolution, blessé à la tête par la police lors de la manifestation du premier février)
Le groupe anarchiste Rouvikonas réunit à lui seul 5 procès en trois semaines, pour des actions légitimes contre de profondes injustices :
– action au ministère du travail en solidarité avec des ouvriers en lutte ;
– action dans le bureau d’un médecin qui demandait des dessous de table à ses patients malades du cancer ;
– action au palais du premier ministre contre le terrorisme d’État et la gestion catastrophique de la pandémie ;
– action contre la baisse du salaire minimum ;
– action contre le directeur financier d’une clinique pour des malversations à l’égard des patients.