Business et police dans le train pour Francfort
Au lendemain d’une belle soirée joyeuse dans un squat bondé d’Amsterdam.
BUSINESS ET POLICE DANS LE TRAIN POUR FRANCFORT
Damned ! Dès le début du voyage, nous sommes entourés de plusieurs imbéciles richement habillés qui sont en visioconférences bruyantes avec le reste du monde : business à Singapour, importations de Shangai, prochaine réunion à New York… Pendant ce temps, des travailleurs migrants et allemands, modestement habillés et fatigués, somnolent assis, la tête pliée sous le poids du capitalisme qui va jusqu’à les soûler alors qu’ils essaient un peu de se reposer, le temps d’un déplacement. L’arrogance des classes dirigeantes, des bobos interconnectés dans leur global business n’a de limites que la colère qui fronce à peine les sourcils, puis referme les paupières lourdes, quelque part entre les Pays-Bas et l’Allemagne. Comme j’aimerais voir ces ouvriers, employés et chômeurs leur balancer leurs sacs dans la gueule et péter leurs ordis.
Achtung : on vient de s’arrêter à la frontière allemande, à ma grande surprise. Des binômes de la polizei allemande montent dans nos wagons et nous hurlent depuis le début du couloir : « Ihren Ausweis bitte! » L’espace Schengen n’est plus ce qu’il était. J’ai droit à un contrôle plus long que les autres et à des questions débiles. L’un des robocops tournent sa lampe dans tous les sens autour de ma pièce d’identité et la tortille un peu. Sans doute un amateur d’ombres chinoises. Puis ils partent, puis ils repassent à six, me regardent tous, puis continuent leur chemin. Aussi discrets que les gendarmes de Vernoux-en-Vivarais postés longuement à l’extérieur de la maison où nous étions logés. À quoi ressemble cette Europe qui cherche à nous intimider ? De quoi est-elle le nom ?
Pendant ce temps, le business interconnecté a repris et les imbéciles qui nous entourent recommencent à nous soûler dans la langue d’Elon Musk. Les pauvres ne bronchent plus, après ce qui ressemblait fort à une piqûre de rappel de l’ordre social.
Oui, mais ça branle dans le manche, les mauvais jours finiront ! Et gare à la revanche, quand tous les pauvres s’y mettront !
Y.Y.
Projections-débats aujourd’hui à Marburg (Allemagne), demain à Louvain (Belgique), après-demain à Poligny, puis Bourg-en-Bresse, Dompierre, Nevers, Craponne-sur-Arzon, St-Paul-le-Jeune, Buis-les-Baronnies, La Roya, Nice, Cannes, Lautrec, Cazères et Najac.
Rappel de service : ami-es précaires, si vous avez besoin d’une entrée gratuite quand c’est dans un cinéma, n’hésitez pas à nous contacter : films@anepos.net . Une invitation vous attendra discrètement à votre nom à la caisse du cinéma.








