« Nous n’avons pas peur des ruines » souvent censuré, mais presque toujours complet : ce que cela dit de la situation en France

Communiqué de l’équipe du film

« NOUS N’AVONS PAS PEUR DES RUINES » SOUVENT CENSURÉ, MAIS PRESQUE TOUJOURS COMPLET : CE QUE CELA DIT DE LA SITUATION EN FRANCE

Une fois de plus, on nous signale qu’en Charente-Maritime, la presse quotidienne régionale a fermement refusé de faire savoir les événements autour du film Nous n’avons pas peur des ruines à Marennes (ce soir à 18h au cinéma L’Estran, avec une surprise en chanson) et à St-Pierre d’Oléron (ce soir à 21h au cinéma L’Eldorado).

Ce n’est pas un phénomène nouveau : cette censure a déjà frappé beaucoup d’autres lieux de projection du film, mais ne nous a pas empêché de faire le plein dans les salles, presque partout. Hier à Ste-Livrade dans le Lot-et-Garonne et avant-hier à Toulouse, il ne restait pas une seule place de libre.

Ce soir en Charente-Maritime, nous verrons bien si le bouche à oreille aura réussi ou pas à contourner ce mur du silence. Peu importe, nous ne sommes pas dans une logique comptable.

Nous sommes également confrontés à une autre forme de censure : beaucoup de nos partenaires (collectifs, associations, organisations, syndicats) n’arrivent pas à trouver des salles pour nous accueillir. Cela se vérifie à nouveau, alors que nous préparons la prochaine tournée. Si la plupart des cinémas nous accueillent avec bienveillance, dans une ambiance formidable, il y en a qui refusent absolument de nous programmer malgré la garantie de remplir leur plus grande salle et malgré les demandes insistantes de nos partenaires. À plusieurs reprises, la pression de certains élus locaux a été dévoilée. Ces notables ridicules ne passent pas seulement des coups de fil au responsable de leur cinéma municipal, mais aussi à l’administration des salles de la commune pour qu’aucune ne nous soit prêtée ni louée. Le jour annoncé pour notre passage, tout est toujours réservé de façon fantôme. Impossible de trouver une salle d’au moins 80 places et si possible 150 ou 200 places. Alors, on s’organise comme on peut et on fait parfois étape dans une ville voisine ou un département voisin.

Jamais, avec nos trois films précédents, nous n’avons ressenti une telle censure, un tel autoritarisme, une telle inquiétude du pouvoir à l’égard des modestes petites œuvres qui veulent le renverser. Aujourd’hui, la classe dirigeante de l’hexagone se raidit, se durcit et s’angoisse manifestement devant le risque d’un nouveau soulèvement dans les temps qui viennent. Les Gilets Jaunes ne demandent qu’à revenir. De nouvelles ZAD viennent de naitre. Plusieurs syndicats recommencent à s’interroger. La jeunesse étudiante est de plus en plus maltraitée, toute comme les petits retraités qui n’arrivent plus à s’en sortir. Il ne faudrait pas grand chose pour que tout s’enflamme à nouveau, et plus encore que les années précédentes, avec d’autres perspectives.

Les gens qui prétendent nous gouverner et nous diriger le savent bien : ce pouvoir ne tient que par sa police et ses médias. Des médias dominants qui tentent par tous les moyens de détourner la colère vers l’extrême-droite, pareillement à son service. Rien d’étonnant à cela : le fascisme est le stade ultime du capitalisme en temps de crise. Il n’est qu’un palier de plus dans la forme déjà autoritaire et violente de la société.

Qui croit encore que ce système politique est démocratique ? Qui croit encore que nous allons vers plus d’égalité sociale ? Qui n’a pas compris que le capitalisme est profondément mortifère, qu’il nous conduit directement dans le mur et qu’il faut en sortir au plus vite ?

Notre modeste film n’est qu’une toute petite pierre à l’édifice de la société à venir. Nous n’avons pas d’autre ambition que d’aider des personnes à mieux comprendre la situation à la lumière de ce qui se passe en Grèce et de trouver suffisamment d’énergie et de confiance en nous-mêmes pour préparer le point de bascule à venir.

Merci à toutes celles et ceux qui aident à la diffusion de ce film et de son message, celui de ses intervenants, de ses musiciens, de son équipe technique. Merci de nous aider à trouver des salles de projection pour la suite et à contourner le silence médiatique par le bouche à oreille et, si possible, des articles dans les médias alternatifs.

Nous portons un monde nouveau dans nos cœurs.

L’équipe du film « Nous n’avons pas peur des ruines », jeudi 7 mars 2024.

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