Ne jamais oublier nos camarades victimes de la répression

Depuis mon retour de Barcelone, je découvre le nombre énorme de mes ami.es, jeunes ou vieux compagnons de luttes, victimes de la répression depuis un mois en France : matraquages, tirs tendus de flashball, interpellations musclées, comparutions immédiates, perquisitions, assignations à domicile, frais de justice, dommages et intérêts, amendes et, surtout, la prison.

NE JAMAIS OUBLIER NOS CAMARADES VICTIMES DE LA RÉPRESSION

Faire le choix de lutter, aux côtés de milliers de compagnons de luttes, c’est s’engager par-là même à rester solidaires face aux représailles du pouvoir.

Il y a une part de nous-même dans toutes les prisons. Une part de ce que nous sommes, de ce que nous pensons, de ce que nous faisons. D’innombrables hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, parfois pères ou mères d’enfants dont ils ne voient plus les sourires et qu’ils ne peuvent plus serrer dans leurs bras, pendant des jours, des semaines, des mois…

Peu importe la violence dont les accuse le pouvoir en frappant du poing ou du maillet sur la table, elle ne sera jamais aussi grande, permanente et démesurée que celle du pouvoir lui-même et de ses serviteurs zélés costumés de dentelle ou d’hermine qui n’ont jamais connu la faim ni le froid.

Par-delà nos différentes façons de lutter et nos motifs innombrables de le faire, il y a toujours ce même défi risqué à l’égard du pouvoir qui, en retour, nous le fait payer au centuple, en frappant ici et là, dans la foule, pour dissuader le grand nombre. Cette menace permanente qui répand la peur de la prison est un des piliers de la société autoritaire. Le pouvoir sait parfaitement qu’agir de la sorte est pour lui le seul moyen de se maintenir en place, avec son lot de démagogie, de mise en scène, de bienséance, de flagornerie, d’opulence, de tyrannie, de surveillance, de répression, de destruction et de mépris.

Nous sommes tous des prisonniers politiques en puissance. Si nous ne l’avons jamais été, nous le serons peut-être demain, car, si le pouvoir le décide, il trouvera toujours une bonne raison de nous enfermer, les uns ou les autres. D’autant plus que, jour après jour, de réduction du droit du manifester en renforcement de la répression, les murs s’élèvent partout autour de nous.

Lutter contre tous ces murs commence par refuser de se laisser intimider par l’enceinte des prisons et, surtout, ne jamais abandonner dans l’oubli nos compagnons de lutte emmurés vivants.

Yannis Youlountas

 

À partir de demain à Saillans, commencera un FESTIVAL DE SOUTIEN AUX 4 DE VALENCE : Stéphane, Tom, Dylan et Maria ont été condamnés à 4 ans et 3 mois de prison au total en première instance. Stéphane est un ami de longue date, papa d’une petite fille dont il serait séparé pendant plus d’un an si la sentence était appliquée. Si vous habitez dans la région, je vous invite vivement à y aller. Tous les détails ici :
http://www.apartcatoutvabien.org

Photo : tag de mon fils Achille (9 ans) et d’un compagnon de luttes crétois sur le mur extérieur de la prison d’Héraklion, en solidarité avec nos camarades emprisonnés : « La passion de la liberté est plus puissante que toutes les cages. »