Grèce/Attique : le pouvoir doit maintenant décider s’il veut laisser mourir notre camarade Aristotelis
Compte-à-rebours final dans l’affaire Prosfygika.
GRÈCE/ATTIQUE : LE POUVOIR DOIT MAINTENANT DÉCIDER S’IL VEUT LAISSER MOURIR NOTRE CAMARADE ARISTOTELIS
La santé d’Aristotelis s’est beaucoup dégradée : il ne pèse plus que 35 kg au lieu de 68 kg et il est hospitalisé. En grève de la faim depuis le 10 février pour la défense des squats de Prosfygika (rejoint par Suzon depuis le premier mai), il ne pourra plus tenir encore longtemps, malgré les vitamines et les soins.
Le gouvernement et la Région de l’Attique (tous les deux à droite) ne veulent rien entendre. Sous prétexte de projet immobilier, ces tyrans sont prêts à laisser mourir un homme déterminé à défendre le lieu emblématique où habitent au total 400 personnes précaires (dans 8 bâtiments abandonnés, à 2km au nord-est d’Exarcheia, qui avaient été construits il y a un siècle pour accueillir des réfugiés grecs de Smyrne).
Courage également à Suzon qui nous avait accueillis avec le dernier convoi solidaire, il y a quelques semaines, et nous avait fait visiter l’évolution du projet. Une communauté très bien organisée, dans l’entraide et l’horizontalité.
Hier soir, Rouvikonas vient de renouveler publiquement son soutien, comme l’ensemble du mouvement social, par-delà nos différences, ainsi que les syndicats et partis de gauche en Grèce.
En ce moment même, un rassemblement a lieu devant l’hôpital où se trouve Aristotelis (ce midi à Athènes). Ce soir, un autre rassemblement aura lieu à nouveau devant le parlement, sur la place du Syntagma, comme tous les soirs désormais.
Plusieurs groupes de résistance ont promis de passer à d’autres façons de lutter si le pouvoir s’obstine au point de laisser mourir le militant solidaire.
Cette façon de lutter interroge parfois nos pratiques, surtout quand elle est choisie en dehors des contraintes carcérales. Mais cela ne change rien à la solidarité, bien au contraire. Cette lutte à la vie à la mort pour la liberté rappelle bien des slogans, y compris une devise de la Révolution française devenue la devise de la Grèce par la suite : « La liberté ou la mort. »
C’est un choix qui nous trouble et nous bouleverse, par-delà nos différences dans le mouvement social. Pas question de laisser faire le pouvoir. Pas question de laisser mourir Aristotelis en silence. La mobilisation s’amplifie et semble franchir un palier décisif dont devrait se méfier le pouvoir, s’il a un peu de mémoire (grève de la faim de Nikos Romanos en novembre-décembre 2014, provoquant des émeutes, des occupations, des actions de sabotage et la chute du gouvernement de droite à l’époque).
A suivre…
Y.Y.






