Juillet 1936-juillet 2026 : quelle leçon du passé, 90 après ? Quels points communs avec la situation actuelle en France ?

Connaître les leçons du passé pour mieux comprendre les enjeux du présent. Voici deux exemples en Espagne et en Grèce (au sujet de laquelle nous préparons un nouveau film, cette fois historique).
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JUILLET 1936-JUILLET 2026 : QUELLE LEÇON DU PASSÉ, 90 APRÈS ? QUELS POINTS COMMUNS AVEC LA SITUATION ACTUELLE EN FRANCE ?
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Ce qui se déroule en 1936 en Espagne, puis en Grèce, n’est pas seulement une leçon d’Histoire, mais aussi de politique qui illustre parfaitement ce dont est capable la classe dominante quand on lui demande de partager la richesse et le pouvoir.
Comme le résume très bien Durruti, nous sommes face à un mécanisme, à un protocole, à une procédure d’urgence que le pouvoir économique utilise en dernier recours.
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Il ne s’agit pas d’une théorie complotiste, comme il en existe tant : plus ou moins fumeuses, plus ou moins délirantes, qui sont à bannir car elles brouillent la pensée, compliquent des problèmes simples et, parfois, fabriquent des ennemis imaginaires bien plus forts que ne sont les dirigeants en réalité (par exemple, la théorie désopilante des reptiliens). Non, le capitalisme n’est pas un complot. C’est un système aussi simple que vérifiable. Un système qui s’applique à vendre aux travailleurs ce qu’ils produisent eux-mêmes et à s’enrichir sur leur dos, tout en organisant la société pour que cet ordre social injuste et inégalitaire ne change pas. L’Histoire l’a prouvé. Bref, retournons en 1936…
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Effrayée par le désir de changement social et politique, une grande partie de la bourgeoisie espagnole appelle aussitôt le fascisme pour conserver ses privilèges. Dès lors, le régime d’extrême-droite emprisonne, torture et assassine de nombreux opposants politiques, humanistes et progressistes, y compris parmi des modérés qui croyaient être à l’abri de ce durcissement de la répression.
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Même chose en août 1936 en Grèce : l’extrême-droite prend le pouvoir le 4 août 1936 et enferme aussitôt les opposants politiques dans des camps : des communistes, mais aussi d’autres militants de gauche ou révolutionnaires. Toute la société est fichée pour ses opinions (et la croyance religieuse doit être déclarée à l’état-civil), les arrestations et les sévices en prison se multiplient. Des familles entières sont enfermées durant des années. Il en sera de même après la deuxième guerre mondiale et, encore, en 1967 : à chaque fois que l’organisation inégalitaire et autoritaire de la société est menacée.
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Ne nous faisons aucune illusion : quand le pouvoir économique craint pour ses intérêts, il est prêt à tout. D’abord par sa force de frappe médiatique pour fabriquer l’opinion, susciter la peur, propager des calomnies, faire monter la haine. Ensuite par sa force militaire et policière financée par nos propres impôts pour nous réprimer nous-mêmes si nous aspirons à changer les choses.
Pour empêcher les opposants de remettre en question une partie ou la totalité de ses privilèges, on remarque à chaque fois que le pouvoir économique commence par intensifier les mensonges, les peurs et les calomnies dans les médias qu’il possède, avant de passer au niveau supérieur dans la répression, jusqu’aux vagues d’arrestations et aux massacres si cela lui paraît nécessaire en dernier recours. Et c’est là, précisément, quand les moyens envisagés sortent du cadre constitutionnel, du « politiquement correct », de ce qui est considéré comme acceptable, que l’extrême-droite est appelée au pouvoir pour s’en charger, sous la forme d’un régime encore plus autoritaire, avec une constitution plus adaptée à ces pratiques, à grands renforts de mythes et de paranoïa en tous genres.
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Mais attention : que ce soit en Espagne en 1936 ou en Grèce en 1936, 1945, 1963 et 1967, ce n’est pas seulement l’opposition radicale et révolutionnaire qui est réprimée, mais aussi une partie de la gauche parlementaire (en Grèce, le parti communiste en 1936 et 1945, puis le mouvement populaire de Lambrakis en 1963, et même le centre gauche en 1967). Autrement dit, que l’on remette en question tout ou une partie seulement de ses privilèges, le pouvoir économique est capable des mêmes méthodes. Il ne veut rien lâcher. Pas même le retour de l’Impôt sur la Fortune, la limitation des trusts médiatiques ou la possibilité de révoquer les élus.
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N’observons-nous pas la même chose en ce moment, en France ? Le pouvoir économique ne favorise-t-il pas, sous nos yeux, la montée en puissance de l’extrême-droite, tout en essayant de discréditer les différents mouvements politiques qui menacent ses intérêts, en fabriquant et en diffusant toutes sortes de calomnies dans les médias qu’il possède ? N’est-ce pas exactement le même type de propagande diffamatoire (parfois complètement délirante) qui a été propagée en Grèce en 1936, 1945, 1963 et 1967, contre les communistes, la gauche populaire puis les anarchistes également, dans les années suivantes, accusés de tous les maux ?
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Le problème n’est donc pas seulement de partager les richesses, mais également de remettre en question un système politique et médiatique qui sert les intérêts du petit nombre au détriment de tous les autres et qui permet de placer au pouvoir le « joker fasciste » à chaque fois que ses intérêts sont menacés.
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Le capitalisme et le fascisme ne sont en réalité qu’un seul et même ennemi : un voleur de vies à deux visages qui se fiche totalement des mots liberté et égalité.
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L’Histoire nous le prouve. La situation présente nous le répète, une fois de plus.
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Yannis Youlountas
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PS : un nouveau film très important se prépare actuellement : « LA PASSION DE LA LIBERTÉ, UNE HISTOIRE POPULAIRE DE LA GRÈCE ». Le nouveau site internet dédié à ce film (et aux précédents visibles gratuitement) s’appelle « lautregrece ». Merci de nous aider à le faire savoir et à le soutenir, car c’est un immense projet sur lequel nous travaillons collectivement depuis des mois. L’objectif est de parvenir à sortir ce nouveau film dès novembre 2026 en avant-premières, puis dans sa forme définitive en janvier 2027 (sinon, ce sera pour un peu plus tard, mais ce serait dommage). Nous comptons sur vous pour nous aider, ne serait-ce qu’en diffusant l’info. Nous ne pouvons compter que sur vous. Merci d’avance.
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Rappel : quand un texte vous plaît, n’hésitez pas à vous en servir ailleurs, à le publier sur un site, etc. Pas besoin de demander. Je n’ai jamais rien fait sous copyright, ni film ni livre. Et je vous remercie d’autant plus de votre diffusion.