GRÈCE : RÉPONSES À VOS PRINCIPALES QUESTIONS -7-

Capture d’écran 2015-07-08 à 08.54.057 – LE « RISQUE GÉOPOLITIQUE » D’UN GREXIT EST-IL CELUI DU TERRORISME ET DE L’IMMIGRATION ? (que penser de cet article prétendu « très sérieux » de BFM TV avec un expert universitaire sur le sujet ?)

BFMTV > International> Europe >> "La Grèce : Le risque géopolitique d'un Grexit"

C’EST FAUX.

A) Tout d’abord, parce que LA GRÈCE EST UNE VRAIE PASSOIRE. Elle l’a toujours été et ça ne risque pas de changer de si tôt. Et pour cause : ÇA N’A ABSOLUMENT RIEN À VOIR AVEC LES POLITIQUES SUCCESSIVES, MAIS AVEC LA GÉOGRAPHIE. Même les politiques les plus dures en la matière (par exemple, sous la dictature des Colonels) n’ont jamais eu aucun effet. Pour deux motifs principaux :
A1) La Grèce est le deuxième pays au monde pour le nombre d’îles (après le Japon), pour la plupart désertes ou très peu habitées. Il a toujours été très facile d’aborder ses côtes discrètement.
A2) La Grèce est un pays très montagneux et accidenté, où les résistances successives se sont toujours remarquablement bien cachées. Elles se sont également déplacées à l’abris des regards.

B) Ensuite parce que LA GRÈCE EST COMPLÈTEMENT EXCENTRÉE ET À L’ÉCART DANS LA ZONE EURO (car la question posée concerne la sortie de l’Union monétaire, on ne parle pas de l’Union européenne). LA GRÈCE N’A ABSOLUMENT AUCUNE FRONTIÈRE AVEC UN AUTRE PAYS DE LA ZONE EURO (la Bulgarie n’est pas dans la zone euro).

Un éventuel Grexit n’aurait donc aucune incidence majeure sur la pseudo « crise migratoire » évoquée dans l’article (qui doit plaire à Marine Le Pen).

Quant à l’incidence sur le « défi terroriste » (toujours cette association nauséabonde immigré-terroriste alors que les auteurs du massacre de Charlie-Hebdo sont nés et ont grandi en France), même remarque tout d’abord : la Grèce est une passoire et elle est à l’écart. Mais en plus, posons-nous franchement la question : qui peut croire un seul instant qu’un candidat au terrorisme ne peut pas entrer dans l’eurozone, au prétexte de vacances par exemple ou avec un visa ? (s’il n’est pas déjà un résident de l’eurozone)

En conclusion, cet article pseudo « sérieux » agite toujours les mêmes chiffons rouges qui excitent la droite et l’extrême-droite : l’immigration et le terrorisme (bref, la peur de l’autre), et prétend faire de la Grèce un rempart imaginaire qu’elle n’est pas du tout pour les raisons évidentes ci-dessus.

De plus, la principale « qualité » de cet article, parmi les médias dominants, est qu’il donne un « os à ronger » à l’opinion publique sur la question géopolitique en occultant le vrai risque, celui qui inquiète la diplomatie américaine, qui ne s’en est pas beaucoup cachée : LE RISQUE DE RAPPROCHEMENT DE LA GRÈCE AVEC LES BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ET CERTAINS PAYS D’AMÉRIQUE LATINE, ce qui pourrait donner des idées à d’autres pays de la même zone par la suite et qui modifierait les équilibres géopolitiques actuels.

L’ENJEU GÉOPOLITIQUE EST DONC, EN RÉALITÉ, CELUI DU POUVOIR DES PRINCIPAUX PAYS EUROPÉENS ET DES ÉTATS-UNIS DANS LE PARTAGE DU MONDE EN ZONES D’INFLUENCES POLITIQUES, FINANCIÈRES, ÉCONOMIQUES ET COMMERCIALES.

Un enjeu bien plus important que celui de repousser quelques radeaux de sœurs et frères, africains ou orientaux, affamés, parmi lesquels un nombre infime de terroristes potentiels.

A suivre…

Y.Y.
jeluttedoncjesuis.net