GRÈCE : RÉPONSES À VOS PRINCIPALES QUESTIONS -5-

5 – TSIPRAS N’EST-IL PAS UN PEU NATIONALISTE ? (entendu à la radio et à la télé)

C’EST FAUX.

Si Alexis Tsipras a choisi de gouverner avec le petit parti souverainiste des Grecs indépendants, aussi appelé ANEL (qui n’a rien à avoir avec Aube dorée), c’est :
1 – par défaut, car le KKE ne voulait pas gouverner avec Syriza (de longue date), Antarsya n’avait pas atteint les 3% (nécessaires pour être présent au parlement) et le Potami était clairement pour les mémorandums austéritaires (dirigé par un ancien animateur télé).
2 – par nécessité, car il manquait deux voix au parlement pour atteindre le pouvoir, sans quoi il fallait revoter, ce qui pouvait s’avérer risquer.
3 – sans alliance électorale préalable, mais uniquement par la suite, face au dilemme de prendre ou de laisser cette opportunité historique du 25 janvier.

Dans sa jeunesse, Alexis Tsipras a participé à des collectifs altermondialistes (présence à Gênes en 2001, avec une queue de cheval à l’époque et des idées fortement universalistes) et antifascistes (Tsipras a souvent rappelé la devise : « on ne discute pas avec l’extrême-droite, on la combat »).

Aujourd’hui même, à 11h00, par exemple, Tsipras a convoqué les dirigeants des principaux partis politiques du pays. Par contre, il a fermement refusé la présence de Michaloliakos, le chef d’Aube dorée, et ce, malgré son appel à voter NON.

Pour finir, le projet politique de Tsipras n’est en rien nationaliste, car ce n’est pas l’Europe qu’il rejette (il ne cesse de le dire), mais ses dirigeants et sa politique actuels, ce qui est logique pour une « vraie gauche ». Tsipras se revendique clairement internationaliste et tisse actuellement des liens avec des projets similaires en Amérique Latine, par exemple.

Bref, TSIPRAS N’A RIEN D’UN NATIONALISTE. Il déteste Le Pen et a déjà répondu vivement aux tentatives de récupération dont il a été l’objet. Tsipras n’a d’ailleurs jamais rencontré Marine Le Pen, ni aucun des petits chefs de partis confus qui naviguent en eaux troubles autour du FN et qui se prévalent eux aussi de Tsipras. Il ne croit pas une seule seconde au tirage au sort, ni à la fermeture totale des frontières. Il l’a déjà dit à plusieurs reprises également, notamment lors d’une émission le premier mai. Il se revendique de la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’homophobie (un projet de loi est en cours).

Il est, en outre, le premier chef du gouvernement de l’Histoire de la Grèce à avoir refusé de prêter serment sur la Bible, malgré un grande majorité de chrétiens orthodoxes parmi les Grecs.

Personnellement, je ne suis pas d’accord avec tout ce que dit et fait Tsipras, évidemment, mais l’accuser de nationalisme ou essayer de le récupérer à ce niveau, c’est tout simplement comique ! Si vous en croisez, ici ou là, dites aux hyènes et autres professionnels de la récup’ d’aller chercher ailleurs ou postez-leur cette contre-information en guise de démenti.

A suivre…

Y.Y.

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