Lagarde : « il n’y a pas de délai de grâce »

L’ANNONCE DU DÉFAUT DE PAIEMENT DE LA GRÈCE AU FMI PAR CHRISTINE LAGARDE POURRAIT NE PAS ÊTRE VALIDÉE.

Pour l’instant, la Grèce est classé en incident de paiement, mais Christine Lagarde a clairement annoncé que très bientôt serait officielle sa validation par l’institution en défaut technique, sans la moindre carence : « il n’y a pas de délai de grâce » a-t-elle répété.

Cependant, depuis mardi matin, Yanis Varoufakis insiste pour que soit appliquée une clause de la charte fondatrice du FMI (la provision G, section 7, article 5) qui autorise un pays emprunteur à demander le report d’un remboursement pour faire face à « une épreuve exceptionnelle ». Cette clause n’a été utilisée qu’à deux reprises dans l’histoire du FMI, simultanément par le Nicaragua et le Guyana en 1982.

Mieux encore, Yanis Varoufakis s’appuie sur la Charte des Nations-Unies qui, d’une part, rappelle à ses états membres leur devoir de préserver les droits humains fondamentaux et, d’autre part, stipule qu’en cas de conflit entre ce devoir et des engagements pris à travers un autre accord international, c’est la préservation des droits humains fondamentaux qui prime.

Voici l’article qui stipule précisément ce deuxième point :

« Article 103
En cas de conflit entre les obligations des Membres des Nations Unies en vertu de la présente Charte et leurs obligations en vertu de tout autre accord international, les premières prévaudront. »

http://www.un.org/fr/documents/charter/pdf/charter.pdf

Actuellement, ni Christine Lagarde ni un autre représentant du FMI n’a officiellement répondu à cette demande doublement justifiée de Yanis Varoufakis. Sans doute attendent-ils une livraison massive de cachets d’aspirine et de nouvelles lunettes pour examiner leurs propres textes et la charte de l’ONU.

Encore un cheval de Troie qui patiente, cette fois, sur le parking du FMI à Washington.

Yannis Youlountas

(montage : Maud Youlountas)

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